Trash Talk

L’industrie du plastique, sans filtre Une infolettre écrite de l’intérieur de l’usine

EP03 · 2 octobre 2026 · Tiré du balado

Cinquante pour cent sur un sac. La ligne tarifaire a sa place sur la fiche technique.

Le 8 septembre 2026, un sac de polyéthylène d’origine américaine a commencé à payer 50 % pour entrer au Canada. Le sac, lui, n’a pas changé. Ce qui a changé, c’est une ligne d’une liste fédérale, le numéro 3923.21.90, et le taux inscrit à côté.

Illustration : une paire de lunettes posée sur un journal plié

Le verdict

Nous ne prenons pas parti dans le différend commercial entre le Canada et les États-Unis. Nous lisons la liste, parce que c’est avec elle que doit vivre la personne qui achète des sacs.

Le 22 août 2026, les États-Unis ont commencé à percevoir des droits de 50 % sur environ 20 milliards de dollars américains de produits canadiens, soit 27,6 milliards de dollars canadiens selon le cabinet d’avocats BLG. Le 8 septembre, les contre-mesures tarifaires du Canada sont entrées en vigueur : 15, 25 et 50 % sur 27,6 milliards de dollars canadiens de produits américains.

Le mécanisme est plus étroit que les manchettes. Un droit de douane se perçoit sur un numéro tarifaire, une ligne numérotée du tarif des douanes. La liste publiée par le ministère des Finances du Canada, mise à jour le 26 août, contient une ligne pour le numéro 3923.21.90 : sacs et sachets de polymères de l’éthylène, autres. Le taux inscrit sur cette ligne est de 50. Il vise les marchandises originaires des États-Unis.

Trois choses fixent donc la facture : le numéro tarifaire, le pays d’origine et la liste en vigueur le jour où la marchandise passe la frontière.

À l’usine, rien de tout ça ne paraît. Une extrudeuse ne sait pas dans quel pays elle tourne, et un bon sac reste un bon sac des deux côtés de la frontière. Ce qui change, c’est la paperasse.

Jim Owen, analyste chez Rabobank, a déclaré à Packaging Dive qu’il y a probablement beaucoup de confusion. Sa raison : l’industrie a mis 30 ans à bâtir une machine bien huilée, avec le libre-échange du plastique, des moules, des résines et des additifs. Pendant trente ans, l’origine a été un détail que personne n’avait à écrire. Une liste par numéro en fait un champ obligatoire.

Une limite. La ligne que nous avons lue vise les sacs. La résine et le film relèvent d’autres positions du tarif, et nous n’avons pas pu confirmer s’ils figurent sur la liste. Nous n’affirmons rien à leur sujet. Chaque produit se vérifie sous son propre numéro.

Ce que ça change pour vous. Si vous achetez des sacs ou du film qui traversent la frontière, une fiche technique qui donne l’épaisseur, le format et la quantité ne suffit plus. Trois réponses de plus y ont leur place, par écrit : où le produit a été fabriqué, quel numéro tarifaire est déclaré, et quelle liste s’appliquait à la date du passage. Posez la question avant la soumission. La liste est publique, et elle est datée.

Sur la ligne

Le registre fédéral demande des kilogrammes. Une usine sait prouver des kilogrammes.

Les faitsLe 29 septembre 2026 était la date limite pour déclarer les données de 2025 au Registre fédéral sur les plastiques. La première phase vise les producteurs d’emballages de plastique, de produits électroniques et de produits à usage unique. Ils déclarent des kilogrammes, par catégorie de produit et par type de résine. Une deuxième phase, prévue le même jour avec plus de déclarants, a été reportée, et les règles pour 2027 à 2029 étaient en révision, ont rapporté deux cabinets d’avocats en janvier 2026. Sources : Environnement et Changement climatique Canada, Blakes, McCarthy Tétrault.

Notre lectureL’unité nous plaît. À l’usine, chaque rouleau et chaque caisse passent déjà sur la balance. Nous n’avons pas pu confirmer que les sacs à ordures sont visés, et nous ne l’affirmons pas.

Le polyéthylène a grimpé de 45 cents, puis reculé. Les 10 à 12 cents étaient une demande.

Les faitsEn avril 2026, le polyéthylène avait pris 45 cents américains la livre depuis le début de l’année, selon Plastics Technology. Il a ensuite reculé d’environ 15 cents en juin, avec 10 cents de plus attendus en juillet. Pour août, les producteurs ont demandé de 5 à 10 cents. Le 16 septembre, le chef de la direction financière de Dow a dit aux investisseurs que l’entreprise cherchait à faire passer de 10 à 12 cents dans les Amériques. Sources : Plastics Technology, juin, septembre, transcription de Dow.

Notre lectureLa hausse et le recul de juin sont des prix. Le dernier chiffre est une demande, et le 2 octobre nous ne savions pas si elle s’était réglée. À l’usine, le prix de la résine change une chose : ce que vaut une livre de rebuts.

Le film usagé a perdu de sa valeur. Le film propre est resté le plus difficile.

Les faitsLe rapport de septembre sur les ballots, publié par Resource Recycling le 9 septembre 2026, donne le film de catégorie A à 13,19 cents américains la livre, contre 18,31 un an plus tôt. Le 4 septembre, la même publication a rapporté que The Recycling Partnership avait placé environ 6 millions de dollars américains dans huit débouchés pour le film en Californie. Sources : rapport sur les ballots, SB 54 Unpacked.

Notre lectureUn ballot moins cher n’est pas plus propre. Vu de l’usine, le film est la matière la plus difficile à recycler : léger, sale, et il s’enroule autour de l’équipement de tri. Une granule recyclée peut contenir des gels, et sur un film mince un gel devient un trou. L’argent placé dans les débouchés va au bon endroit.

Le chiffre

10 %

La part approximative du film souple résidentiel de la Californie que les débouchés de recyclage pouvaient absorber, selon Resource Recycling le 4 septembre 2026. L’État en génère environ 550 000 tonnes par année. Notre lecture : collecter plus de film change peu de chose tant que personne ne peut l’acheter. Source : Resource Recycling.

En ondes

Couverture du balado TrashTalk

EP03 · Plastic News of the Month, October 2026

Une dizaine de minutes, en anglais, sur l’actualité de septembre 2026 : les montagnes russes de la résine, cinquante pour cent sur un sac, l’échéance du registre, le recyclage du film en Californie et les pourparlers sur le traité des plastiques. Une question traverse tout l’épisode : qui tient la barre de cette industrie.

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Trois choses à retenir

  1. La liste canadienne de contre-mesures, en vigueur depuis le 8 septembre 2026, porte les sacs de polyéthylène d’origine américaine à 50 %, sous le numéro 3923.21.90.
  2. En avril, le polyéthylène avait pris 45 cents la livre depuis le début de l’année. Les 10 à 12 cents de Dow, annoncés le 16 septembre, étaient encore une demande le 2 octobre.
  3. Les débouchés de la Californie pouvaient absorber environ 10 % du film résidentiel que l’État génère.

La rédaction TrashTalk

Chaque chiffre est vérifié auprès de sources publiques.

Sources